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Dernière mise à jour : Mai 2018

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CLIMASTER changement climatique, systèmes agricoles, ressources naturelles et développement territorial

CLIMASTER

Volet 4 - Synthèse et transversalités

Ce volet de recherche concerne l’ensemble des terrains d’étude. Il vise à aborder la question des interactions entre CC, systèmes agricoles, ressources naturelles et développement territorial, à travers 4 perspectives transversales :

  • La perception qu’en ont les acteurs selon le point de vue de la psychologie sociale,
  • La perception du climat, de son évolution et de son rôle dans la conduite des  exploitations selon le point de vue de  la sociologie de l’environnement,
  • La construction de scénarios techniques (climatiques et agronomiques) et prospectifs,
  • Une réflexion collective sur la question posée, organisée autour de différents « objets environnementaux » et territoriaux importants (les zones humides, la question littorale…)

Ce volet, notamment par les 2 dernières tâches sera un volet facilitateur du dialogue entre les différentes équipes  et facilitateur de l’interdisciplinarité.

TACHE 4.1. Perception du CC par les acteurs selon le point de vue de la psychologie sociale

Cette approche permettra de mettre en évidence les représentations, associées aux concepts de « CC » par chacun des acteurs (agriculteurs et nouveaux gestionnaires de l’eau). Nous faisons l’hypothèse que ces représentations jouent un rôle important d’une part dans l’établissement des rapports à l’environnement, et d’autre part dans la conception des pratiques professionnelles, ces deux aspects ayant un rôle dans l’évolution des comportements.

Il s’agira de mettre en évidence les différents enjeux et appréhensions des acteurs face aux CC (Quelle perception des impacts ?) La comparaison interrégionale (sur les différents sites concernés) permettra de mettre en évidence l’impact différencié des variables socio-environnementales, culturelles et historiques dans la relation entre représentations et pratiques. L’analyse de ces sites permettra de relever les liens significatifs existant entre les pratiques agricoles locales et les représentations des acteurs. Elle permettra de mieux cerner les problématiques de l’agriculture, ou plutôt des agricultures dans le cadre du CC. Cette analyse interrégionale permettra d’envisager une approche globale de la dynamique agricole du GO, en intégrant des spécificités locales.

Etat de l’art

La difficulté d’expliquer les changements comportementaux ou la résistance au changement est liée à la complexité des interactions entre l’individu et l’environnement. L’approche de la psychologie environnementale, met l’accent sur cette complexité, à travers l’étude des dimensions sociales et culturelles qui médiatisent à la fois la perception, l’évaluation, et les attitudes de l’individu en rapport à son milieu physique (Moch & Moser, 1997 ). Les représentations du rapport homme-environnement correspondent à des formes de connaissances véhiculées par la société qui permettent à l’individu d’appréhender son environnement et lui fournissent un guide de conduite (Moscovici, 1976 ). L’analyse de ces représentations constitue donc une base nécessaire pour appréhender d’une part, les normes, les croyances et les valeurs des groupes, et d’autre part pour comprendre les pratiques liées à l’environnement au sens large. Ce lien entre pratiques et représentations peut être l’objet d’une certaine variabilité individuelle, en fonction des insertions sociales spécifiques et de l’importance de l’enjeu pour les sujets (Doise, 1986 ). Le fait que ces représentations divergent selon les acteurs impliqués permet de comprendre les différents modes d’approches et de gestion de l’environnement ainsi que les conflits qui peuvent y être liés.Les études précédemment menées sur le sujet (Michel-Guillou, 2006 ; Michel-Guillou & Moser, 2006 ; Weiss, Moser, & Germann, 2006 ) tendent à montrer que la question environnementale apparaît fortement liée à l’évolution du métier (défense de leur métier versus défense de l’environnement).

Le projet se déroulera en 3 phases : 1) Une étude qualitative des représentations sociales du CC (systèmes de connaissance et de référence des acteurs concernés qui agissent comme des déterminants puissants des conduites et prises de décision). Le recueil de données s’effectuera à l’aide d’entretiens semi-directifs (12 mois). 2) Un approfondissement des relations entre les variables environnementales, les représentations et les pratiques agricoles. La méthode privilégiée est celle du questionnaire (12 mois). 3) La dernière phase, correspondant à la dernière année du projet, consistera à valoriser les résultats auprès de la population scientifique et des acteurs locaux. Les résultats feront ainsi l’objet de communications auprès des acteurs impliqués ainsi que dans des colloques nationaux et internationaux (ex : IAPS, Conférence internationale sur les représentations sociales) et revues scientifiques.

TACHE 4.2. Perceptions du climat, de son évolution et de son rôle dans la conduite des  exploitations

1. Objectifs scientifiques : L’objectif de cette recherche est de cerner le rôle du climat et de son évolution dans la conduite des exploitations agricoles à partir du point de vue des agriculteurs. Il s’agit, ici, de voir la place des CC en se fondant sur la perception qu’en ont les agriculteurs. Pour pouvoir saisir cette perception, différentes dimensions interférant dans la conduite des exploitations doivent donc être prises en compte. En premier lieu, B. Léméry  (2003) a montré qu’il n’existe plus un modèle dominant d’agriculteur contrairement à la situation qui a couru pendant la période de modernisation. On assiste plutôt aujourd’hui à une diversification du modèle professionnel. Cette diversification peut être rattachée, en partie, à des conceptions très typées du milieu naturel et de la capacité de l’homme à agir sur ce milieu inscrit dans des rapports sociaux hétérogènes (Thompson M., Ellis R., Wildavsky A., 1990 ). Ainsi, pour saisir les perceptions du climat, de son évolution et de ses conséquences sur la conduite des exploitations, il semble nécessaire de s’interroger sur la relation de l’exploitant au milieu naturel, mais également sur sa place au sein du groupe de professionnels. De plus, B. Lémery (2003) a montré que la réponse de l’exploitant aux CC perçus semble ainsi conditionnée par les ressources dont il peut disposer, qu’elles soient d’ordre technique, écologique, social ou économique. Plus précisément, l’hypothèse que cette recherche se propose d’explorer est celle de l’existence d’un lien entre la conception du milieu naturel par l’exploitant et le modèle professionnel qu’il a adopté (intensif, non-intensif, producteur biologique, etc.) se traduisant par différentes perceptions du climat, de son évolution et de ses conséquences sur la conduite de l’exploitation. 

2. La méthode : La méthode d’analyse reposera sur une confrontation entre, d’une part, les différentes représentations du climat, de son évolution, de son rôle dans la conduite de l’exploitation avec, d’autre part, le rapport de l’exploitant au milieu naturel et le modèle professionnel qu’il a adopté. L’objectif est ici de constituer un corpus d’une vingtaine d’entretiens par région (Bretagne, Normandie, Val de Loire et Charente-Poitou). Ces entretiens devront être menés les deux premières années pour construire, la troisième année, une grille d’analyse de la relation entre climat perçu, relation au milieu naturel et modèle professionnel. L’étude de ces entretiens reposera, en premier lieu, sur une analyse qualitative. Toutefois, si le corpus d’entretiens est suffisamment homogène, il pourra faire également l’objet d’une analyse statistique. 

3. Résultats attendus : Au terme de cette recherche, nous espérons pouvoir construire une typologie à partir des 80 entretiens. Cette typologie permettra de construire des causalités entre des perceptions du climat, de son évolution et de son rôle dans la conduite des exploitations en fonction des modèles professionnels adoptés par les exploitants et de leur relation au milieu naturel.

TACHE 4.3. Construction de scénarios

Cette tâche concerne à la fois la construction de scénarios climatiques et de scénarios prospectifs : La construction de scénarios climatiques à l’échelle régionale prendra en compte à la fois les grands scénarios climatiques mondiaux, et leur déclinaison régionale à la fois en termes spatiaux et en termes de conséquences à partir des travaux des volets 1, 2 et 3. Ces scénarios visent à l’adaptation et à l’anticipation des pratiques agricoles et des pratiques de gestion territoriale. Ils seront construits avec les différents chercheurs et acteurs du projet. Les scénario prospectifs seront construits par l’équipe de l’AScA à partir des travaux précédents et d’une série d’entretien. Ce travail bénéficiera du travail de prospective effectué par la même équipe sur le site de la Lieue de Grève dans le cadre du programme « eaux et territoire ».

TACHE 4.4. Séminaires transversaux

Il s’agira d’organiser de groupes de travail transversaux débouchant sur des séminaires ciblés sur des « objets environnementaux » précis. Ces travaux se dérouleront sur l’ensemble du programme, en faisant appel à des membres d’autres programmes PSDR sur des thématiques croisées (Climfourel, Eausage) ou autres et des experts reconnus. Les acteurs seront concernés au même titre que les chercheurs. Ces séminaires seront ouverts à un certain nombre d’acteurs (le « deuxième cercle ») qui n’ont pu être intégrés au projet. Ont été identifiés les thèmes suivants :

  • Un séminaire introductif : « les CC : du global au local » confrontant la vision des CC, de ses relations avec l’agriculture et les ressources naturelles, à travers l’expertise nationale et internationale d’une part et telle qu’elle est a priori perçue au niveau des scientifiques et des acteurs locaux d’autre part.
  • Un séminaire : du bassin versant à la zone côtière : réflexion sur la prise (ou non prise) en compte du caractère littoral du Grand ouest dans les approches scientifiques  du CC, de son impact sur les ressources naturelles et de la gestion territoriale
  • Un séminaire : « zones humides et autres structures de paysage remarquables  : quelles perspectives dans le cadre du CC » :, marais littoraux, zones humides , haies, bandes enherbées, bassins de retenus d’eau, … Quels devenir en tant que telles et quel fonctions en tant que zone tampon ?
  • Le CC : risque pour l’environnement ou chance pour le développement ? un enjeu pour l’environnement et le développement territorial.
  • Un séminaire de synthèse.

 

Moch, A., & Moser, G. (1997). Psychologie environnementale: perspectives actuelles. Psychologie Française, 42(2), 103-106.

Moscovici, S. (1976). La psychanalyse, son image, son public. Paris : PUF.   Doise, W. (1986). Les représentations : définition d’un concept. In W.

Doise & A. Palmonari (Eds), L’étude des représentations sociales (pp. 81-94). Paris : Delachaux & Niestlé.

Weiss, K., Moser, G., & Germann, C. (2006). Perception de l’environnement, conceptions du métier et pratiques culturales des agriculteurs face au développement durable. Revue Européenne de Psychologie Appliquée, 56, 73-81

Léméry B., 2003. Les agriculteurs dans la fabrique d’une nouvelle agriculture, Sociologie du travail, n° 45, 9-25.   

Thompson M., Ellis R., Wildavsky A., 1990. Cultural theory, Westview Press, Boulder/Oxford.